La Corogne, Galice.

Nous voici à La Corogne, après une traversée mouvementée du golfe de Gascogne.

Tout a commencé jeudi matin par une pénible remontée au vent pour sortir de la baie de Douarnenez. En fin de journée, nous passions le raz de Sein, toujours au plus près du vent, qui forcit pour nous permettre de faire une première partie de traversée aux alentours de mach 3 (6 nœuds… ). Progressivement, ce grand polisson de vent refuse. C’est à dire qu’il persiste à souffler dans le nez de RDJ avec une ténacité que d’aucuns appelleront obstination. Nous faisons de plus en plus de Sud, de moins en moins d’Ouest, mais la routine des quarts s’est installée et la mer se charge de ranger le bateau.
Samedi soir nous recevons un texto laconique de Michel :  « Météo envoyée par mail, dégradation cette nuit. » Seulement, les mails on n’arrive plus à les lire, mais de fait, le vent monte jusqu’à force 8, c’est à dire beaucoup. Après la prise de ris (réduction de voile) la plus dure de notre vie, il devient possible de dormir et nous étalons le coup de vent.

Le lendemain, le temps se calme peu à peu, encore bien décidés à passer le cap Finisterre, nous nous lançons dans un bord vers le couchant pour regagner le terrain perdu. Et là, c’est le drame : le téléphone satellite ne s’allume plus, il a pris une vague perdue, d’ailleurs, tout est trempé dans ce bateau, mais il en faut plus pour nous arrêter, et c’est finalement, la pompe des toilettes qui fait déborder le vase.
C’est la consternation dans l’équipage, pauvres Shadoks que nous sommes, nous nous résignons à faire halte à La Corogne pour réparer la bête et sécher au soleil Espagnol. Nous arrivons lundi à 3h du matin. En fait de soleil, nous sommes bien déçus, c’est pire que la Bretagne ici !
À l’heure où nous écrivons ces lignes, les réparations sont faites et il ne nous reste qu’à bricoler et échanger avec nos voisins de pontons en attendant un vent meilleur. Un créneau se précise avant le prochain coup de Sud, arriverons-nous à passer le cap Finisterre ce weekend ? Sinon, pas d’inquiétude : les abris sont nombreux sur cette côte magnifique et les tapas nous aideront à prendre notre mal en patience.

À bientôt,

AAA

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