Michel Meulnet, le routeur de Rêveur de Jour

Voici enfin un article sur l’homme de l’ombre indispensable à nos marins au quotidien, et qui est à leurs côtés depuis le début de leur périple : Michel Meulnet, le routeur de Rêveur de Jour.

Michel en pleine activité

Un routeur, qu’est-ce que c’est ?

En deux mots, Michel s’occupe de trouver et d’indiquer aux marins l’itinéraire optimal compte-tenu des conditions météorologiques et des données qu’il a à sa disposition. Son rôle est essentiel pour que les marins puissent avancer aussi rapidement que les vents le permettent, tout en évitant les zones qui pourraient être dangereuses.

Entretien avec Michel

AAA – Pourquoi est-ce intéressant d’avoir un routeur quand il semble qu’on puisse télécharger toutes les données météo qu’on veut par satellite ?

Michel — En mer les données téléchargées à bord (fichiers de vent) sont limitées par le coût et le débit des communications satellitaires. De plus ces données (brutes) doivent être interprétées et analysées pour un résultat fiable et précis, ce qui nécessite connaissances particulières et temps disponible.

Le routeur météo à terre dispose de nombreux accès à différentes données météorologiques, notamment par le biais d’internet (cartographie, photo satellites…) ; il dispose et utilise des outils professionnels pour l’analyse de celles-ci, en parallèle avec les  informations sur zone que lui donne le navigateur.

AAA — Tu travailles avec de nombreux coureurs au large, tu es aussi partenaire de projets plus atypiques comme des traversées océaniques à l’aviron et récemment une traversée de la Méditerranée en catamaran de plage. En quoi ton travail est-il spécial dans ces projet ?

Michel — Je travaille effectivement avec des coureurs au large, des aventuriers engagés dans diverses expéditions (voile, rameur, kayak, kitesurf…) mais également et ce à 70% avec des navigateurs plaisanciers en navigations côtières ou hauturières. J’ai adapté les techniques et les outils de la course au large à la croisière de plaisance, avec des objectifs et des coûts bien sûr différents.

Les aspects du routage météo en course au large ou sur une expédition, sont bien sûr la performance, la stratégie de course, l’optimisation, la sécurité… Le navigateur a besoin d’informations extrêmement claires et précises, c’est une partie essentielle pour l’aboutissement et la réussite de l’entreprise…

En voyage de plaisance l’accent est mis sur la sécurité, l’information, le confort de navigation (souvent des familles ou navigateurs solitaires ou moyennement expérimentés).

Parallèlement, j’anime des stages de formation à la météo marine, un bon moyen pour le navigateur d’avoir une meilleure compréhension des phénomènes et du traitement de la météorologie.

Une carte utilisée pour le routage de RDJ

AAA — Tu es routeur météo et tu es disponible 24h/24 pour répondre aux équipages que tu routes, pourquoi ? comment fais-tu concrètement ? Quel type d’appels d’urgences reçois-tu ?

Michel — La météorologie est complexe et en continuelle évolution, les équipages suivis doivent être régulièrement informés des évolutions et ce rapidement de façon à modifier leur route le cas échéant.

Concrètement, et suivant un planning bien établi, les échanges sont quotidiens grâce à une ligne téléphonique et une adresse mail sur laquelle je suis joignable en permanence pour répondre aux demandes. Je suis en mesure, grâce à une liaison internet mobile, de répondre d’où que je sois.

Il m’est effectivement arrivé de recevoir des demandes de navigateurs en plein océan, un peu « déroutés » par des conditions météo particulières et demandant assistance…

Une courte biographie de Michel

Michel est passionné depuis de nombreuses années par la météorologie marine, la voile, la course au large et la radiocommunication. Il obtient son certificat d’opérateur phonie-télégraphie en 1985.

Formé et spécialisé en météo marine à l’École Nationale de Météorologie (ENM), il travaille quotidiennement sur la météo et les cartes océaniques, ainsi que sur des modèles numériques tels que le Global Forecast system (GFS), le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF) et d’autres encore.

Le contact journalier avec des navigateurs et la pratique de la voile lui a permis d’acquérir une bonne connaissance de la vie en mer et des conditions dans lesquelles se trouvent les marins qu’il route.

Après avoir routé des équipages sur l’Atlantique, le Pacifique, et en Méditerranée, il a également travaillé sur des projets comme le tour du monde en catamaran de sport, San Fernando Race, Transat Classique, Course des Antipodes, Bouvet rames Guyane, expéditions Groenland, records paddleboard, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, Tour du Québec à la Voile, Passage du Nord-Ouest, Records en Méditerranée,
Traversée de l’Atlantique Nord à la rame, Record Marseille-Carthage, et bien d’autres.

Pour plus d’information, ou si vous avez besoin d’un routeur pour une aventure à venir, rendez-vous sur le site de Michel : http://www.searout.fr

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