C’est l’été !

Ça y est, deux semaines après leur départ de Dakar, nos trois compères sont au milieu de l’Atlantique, et surtout de l’autre côté du globe ! Du coup, fini l’hiver (qui n’aura pas duré très longtemps pour eux !), place à l’été !

Après les vents rugissants auxquels ils ont dû faire face au large du Portugal, c’est plutôt la pétole (comprendre « absence de vent ») du « pot au noir » qu’ils ont dû affronter pour parvenir jusque là.

Ils sont désormais sortis de cette zone de faible vent : finies les baignades, c’est maintenant à une allure plus soutenue qu’ils devraient continuer de faire route vers l’Amérique Latine, puis Buenos Aires.

Comme la communication avec eux est limitée à quelques messages, on ne peut malheureusement pas vous fournir d’images hautes en couleur de leur traversée. Pour compenser, nous vous proposons quelques photos d’eux avant leur départ de Douarnenez.

L’équipe à terre souhaite à tous ceux qui suivent les aventures de nos marins une très bonne nouvelle année, et nous n’oublierons pas de porter un toast pour eux !

Arthur et son père, week-end du départAntoine Julia, le week-end du départAntoine Bagnaro, le week-end du départ

Joyeux Noël !

Bonjour,

Vous qui rêviez de pénétrer dans les coulisses d’une aventure telle que celle que vivent Antoine, Arthur et Antoine, nous vous proposons aujourd’hui de lever un bout du rideau. Nous, équipe à terre, sommes régulièrement en contact avec Rêveur de Jour, le plus souvent par texto satellite. Et comme aujourd’hui, 25 décembre 2012, est un jour spécial, nous vous livrons, dans son style lapidaire, le texto envoyé hier soir par Rêveur de Jour :

yo tvb. joyeux noel a tous. et bon appetit. pour noel, on voudrait la paix dans le monde et un peu plus de vent. gros gros gros bisous.

En somme, une nuit de Noël en t-shirt, sous les tropiques, fêtée au baba au rhum entre deux averses !

Nous nous associons aux marins pour vous souhaiter à tous, famille, amis, suiveurs assidus et occasionnels de Rêveur de Jour, de joyeuses fêtes de fin d’année !

Et bon, comme c’est Noël, voici (enfin) la vidéo de la traversée de La Corogne à La Graciosa.

À bientôt !

AAA, comme Aïcha, Baptiste, Charlie – Équipe à terre

Le grand départ

Nos trois marins sont partis dimanche dans l’après-midi de Dakar et débutent leur transatlantique, qui devrait durer quelques quarante-cinq jours ! Ci-dessous, voici l’article qu’ils ont rédigé avant de partir et qui résume leur halte à Dakar.

Voilà, déjà trois semaines passées à Dakar. L’heure de reprendre la mer approche. Nos yeux se tournent vers la transatlantique et le bateau se remplit de vivres. C’est l’heure d’un constat accablant : 3 semaines c’est trop court. Laissez-nous vous raconter :

D’abord, l’arrivée au CVD (Cercle de Voile de Dakar), l’association de plaisanciers devant laquelle nous avons jeté l’ancre. Malgré ses airs d’ancienne maison coloniale, on y retrouve le fleuron des navigateurs : solitaires ou non, débrouillards et sympathiques, toujours prêts à aider. C’est aussi un repaire de voyageurs en tous genres, en partance pour « plus loin », le plus longtemps possible, à pied, à vélo ou à moto. Alain, de son nom complet Alain Delombre du Manguier du Hamac du Sénégal, nous présente le pays. De passage au CVD,  il s’est installé en Casamance où il organise des concerts et des ateliers de musique. C’est dans cette ambiance de franche camaraderie que nous passons une partie de nos journées.

Une partie seulement. Le travail avec l’association « L’Empire des Enfants » et l’ensemble de ses pensionnaires nous prend près de quatre jours par semaine.L'Empire des enfants

Ce sont d’anciens enfants talibés. Leurs familles les confient à des marabouts pour qu’ils assurent leur éducation dans des écoles coraniques, les daras. Malheureusement, en lieu d’éducation certain d’entre eux ne font qu’exploiter les enfants et les forcent à mendier dans les rues de Dakar. L’association recueille ces enfants, les héberge dans son centre, puis essaye de retrouver leurs familles. Une gageure, sachant qu’ils viennent en général du fin fond du Sénégal, voir de Gambie, Guinée-Bissau, ou Mauritanie. D’autres centres similaires dans ces pays permettent en général de les retrouver. Après médiation avec la famille, l’enfant y est ensuite raccompagné.

Au programme pour les enfants du centre : alphabétisation, avec Christiane, institutrice à la retraite (mais pas trop). Après une carrière passée auprès d’enfants en situation difficile dans des endroits qui le leur rendaient bien (Comores, Guyane… ), elle rempile ici-même, bénévolement bien-sûr. La vocation jusqu’au bout des ongles.

Des activités musicales et artistiques aussi, avec « Tonton Youssou » et sa guitare. Sportives évidemment : le foot est roi. C’est la seule activité pour laquelle les enfants sont vraiment autonomes et organisés.Tonton Youssou joue de la guitare

Nous y ajoutons notre petit projet : présentation du trajet, du bateau et de la vie en mer ; projection d’un film et de diaporama 100 % Breizh ; dessins de voiliers, de poissons et monstres marins de tous poils et toutes écailles ; auto-portraits, photos et vidéos ; échange de légendes, contées devant l’assemblée ébahie.Antoine Bagnaro conte une histoire aux enfants de l'Empire

Le tout malgré la barrière de la langue. Les enfants parlent woloff ou peul. Heureusement que les animateurs sont là pour traduire. Avec un talent à rendre jaloux Nelson Monfort.

Cerise sur le bateau, quelques jeunes d’une autre association (« Village pilote ») sont montés à bord pour une visite du bateau bien méritée après leurs examens de français. Nous découvrons une structure qui propose à ses pensionnaires de jouer… au rugby ! C’est trop tard pour aller à un entrainement, si on avait su…A la barre de Rêveur de Jour

N’oublions pas non plus les innombrables rencontres et les petits piments qu’offre la vie africaine :Pirogue sur la plage

Réparateurs de scooters en pleine rue. Bus multicolores plus décorés qu’un général et plus remplis que son armée. Ici, pas d’arrêt de bus, pour descendre il faut taper sur la carrosserie. Longues et fines pirogues de bois, couvertes d’arabesques et remplies de pêcheurs qui partent en mer sans savoir nager… Ici la mer n’est pas une amie.

Quant à nous, avant de devenir complètement séné-gaulois nous remettons les voiles. Direction l’Argentine et Buenos Aires. Environ quarante-cinq jours de mer et d’horizon… Le plus beau des cadres pour le nouvel an ?

À bientôt, de l’autre côté !

-