Arrivée au point de départ.

Après un repas gargantuesque à l’Estaminet de Drie Kalder, notre restaurant des grandes occasions, nous quittons Boulogne et le Pas de Calais.  Ce pays nous aura marqué par la gentillesse de ses habitants qui compense largement le climat exécrable : les automobilistes charrient les parisiens en les laissant passer, il n’est pas inhabituel de prêter sa scie circulaire à des jeunes un peu perdus et on fait des ristournes considérables contre la promesse d’une carte postale des Caraïbes.
Nous partons donc le samedi 8 septembre à 23h pour Douarnenez d’où se fera le vrai départ. C’est une très belle nuit qui commence au portant, la tête dans les étoiles, comme un avant goût des alizés, les quarts s’enchaînent et la tension du chantier retombe, on est partis! Seulement voilà, la Manche n’aime pas qu’on la prenne à la légère et décide de nous le faire savoir : le vent forcit et tourne contre nous et les vieilles voiles que nous allions remplacer se déchirent une par une. Nous nous bâfrons un chili con carne mais le moral ne remonte pas pour autant. La nuit suivante nous devons faire face à une avarie de gouvernail et une insuffisance de batterie : autant de problèmes qui se règlent assez vite, mais au près à contre courant avec des voiles trop petites, ça devient lassant. Après avoir fait du surplace pendant 10h nous relâchons à Cherbourg, pour scotcher les voiles et dormir en attendant le courant favorable.

 Quand nous repartons le 12 au soir, Georges tourne à plein régime pour nous permettre de profiter de la bascule du vent vers le nord, prévue en fin de nuit, qui nous permet de profiter d’une journée agréable avant de nous retrouver de nouveau au près. Le surplace reprend et, en désespoir de cause, nous utilisons discrètement le moteur pour atteindre la pointe de Bretagne, où nous pourrons, normalement, descendre vent dans le dos, jusqu’à Douarnenez.

Hélas, Éole se moque de nous et nous refuse soudainement ses services. C’est en jouant avec le moteur et les courants que nous arrivons à bon port, samedi 15 septembre.

C’est la rentrée …

Après de longues vacances, notre fidèle gréement reprit du service cet après-midi. Le léger souffle de Nord-Ouest suffit à gonfler les voiles et, accompagnés de Charlie, nous enchainâmes quelques virements de bord devant la rade de Boulogne.

Ce fut l’occasion de tester un peu le matériel : hormis l’invention temporaire (et essentiellement inefficace) d’un double winch pour palier à une défaillance de cliquet, nous n’eûmes à déplorer aucun incident.

Nous eûmes droit à notre premier coucher de soleil sur l’eau, ce qui nous permit de constater que l’appareil photo du bord n’en fait qu’à son objectif en matière de couleurs. Il fallut bien rentrer au port pour les derniers préparatifs avant le départ vers Douarnenez, prévu dimanche.