Retour imminent !

Et oui, vous avez bien lu ! l’aventure marine de nos trois navigateurs touche à sa fin. Pour l’instant, ils sont encore au beau milieu de l’Atlantique mais le samedi 27 juillet 2013 ils arriveront à Douarnenez !

Ils n’iront finalement pas à Saint-Pierre-et-Miquelon et font cap direct sur l’Europe. Avant d’arriver en Bretagne, ils s’arrêteront quelque jours dans le Sud de l’Irlande, vers Baltimore, et s’il leur reste du temps avant le 27 juillet, ils feront également halte dans les îles Scilly.

L'Irlande et son mouton   Les îles Scilly

D’ici là, ils ont encore quelques jours de transatlantique devant eux, et si leurs fruits et autres légumes frais sont épuisés, il leur reste un bon stock d’oignons, de corned beef et de pâté. Bref, de quoi satisfaire leurs estomacs de gourmets et les préparer aux gastronomies irlandaise et anglo-saxonne. Le temps aussi commence à changer et les entraîne pour les eaux glacées de la Manche : ils sont maintenant contraints à mettre des pulls le soir et ont dû ressortir leurs duvets, cachés et oubliés depuis longtemps dans quelque soute du navire.

Exemple de duvet

Mais ne perdons pas le Nord, l’information essentielle de cette article reste leur retour imminent :

LE SAMEDI 27 JUILLET, RENDEZ-VOUS À DOUARNENEZ POUR LES ACCUEILLIR !

N’hésitez pas à contacter l’équipe à terre ou leurs parents pour les questions logistiques si vous voulez vous déplacer jusqu’à la pointe bretonne pour fêter leur retour.

A très bientôt, à Douarnenez,

L’équipe à terre

Michel Meulnet, le routeur de Rêveur de Jour

Voici enfin un article sur l’homme de l’ombre indispensable à nos marins au quotidien, et qui est à leurs côtés depuis le début de leur périple : Michel Meulnet, le routeur de Rêveur de Jour.

Michel en pleine activité

Un routeur, qu’est-ce que c’est ?

En deux mots, Michel s’occupe de trouver et d’indiquer aux marins l’itinéraire optimal compte-tenu des conditions météorologiques et des données qu’il a à sa disposition. Son rôle est essentiel pour que les marins puissent avancer aussi rapidement que les vents le permettent, tout en évitant les zones qui pourraient être dangereuses.

Entretien avec Michel

AAA – Pourquoi est-ce intéressant d’avoir un routeur quand il semble qu’on puisse télécharger toutes les données météo qu’on veut par satellite ?

Michel — En mer les données téléchargées à bord (fichiers de vent) sont limitées par le coût et le débit des communications satellitaires. De plus ces données (brutes) doivent être interprétées et analysées pour un résultat fiable et précis, ce qui nécessite connaissances particulières et temps disponible.

Le routeur météo à terre dispose de nombreux accès à différentes données météorologiques, notamment par le biais d’internet (cartographie, photo satellites…) ; il dispose et utilise des outils professionnels pour l’analyse de celles-ci, en parallèle avec les  informations sur zone que lui donne le navigateur.

AAA — Tu travailles avec de nombreux coureurs au large, tu es aussi partenaire de projets plus atypiques comme des traversées océaniques à l’aviron et récemment une traversée de la Méditerranée en catamaran de plage. En quoi ton travail est-il spécial dans ces projet ?

Michel — Je travaille effectivement avec des coureurs au large, des aventuriers engagés dans diverses expéditions (voile, rameur, kayak, kitesurf…) mais également et ce à 70% avec des navigateurs plaisanciers en navigations côtières ou hauturières. J’ai adapté les techniques et les outils de la course au large à la croisière de plaisance, avec des objectifs et des coûts bien sûr différents.

Les aspects du routage météo en course au large ou sur une expédition, sont bien sûr la performance, la stratégie de course, l’optimisation, la sécurité… Le navigateur a besoin d’informations extrêmement claires et précises, c’est une partie essentielle pour l’aboutissement et la réussite de l’entreprise…

En voyage de plaisance l’accent est mis sur la sécurité, l’information, le confort de navigation (souvent des familles ou navigateurs solitaires ou moyennement expérimentés).

Parallèlement, j’anime des stages de formation à la météo marine, un bon moyen pour le navigateur d’avoir une meilleure compréhension des phénomènes et du traitement de la météorologie.

Une carte utilisée pour le routage de RDJ

AAA — Tu es routeur météo et tu es disponible 24h/24 pour répondre aux équipages que tu routes, pourquoi ? comment fais-tu concrètement ? Quel type d’appels d’urgences reçois-tu ?

Michel — La météorologie est complexe et en continuelle évolution, les équipages suivis doivent être régulièrement informés des évolutions et ce rapidement de façon à modifier leur route le cas échéant.

Concrètement, et suivant un planning bien établi, les échanges sont quotidiens grâce à une ligne téléphonique et une adresse mail sur laquelle je suis joignable en permanence pour répondre aux demandes. Je suis en mesure, grâce à une liaison internet mobile, de répondre d’où que je sois.

Il m’est effectivement arrivé de recevoir des demandes de navigateurs en plein océan, un peu « déroutés » par des conditions météo particulières et demandant assistance…

Une courte biographie de Michel

Michel est passionné depuis de nombreuses années par la météorologie marine, la voile, la course au large et la radiocommunication. Il obtient son certificat d’opérateur phonie-télégraphie en 1985.

Formé et spécialisé en météo marine à l’École Nationale de Météorologie (ENM), il travaille quotidiennement sur la météo et les cartes océaniques, ainsi que sur des modèles numériques tels que le Global Forecast system (GFS), le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF) et d’autres encore.

Le contact journalier avec des navigateurs et la pratique de la voile lui a permis d’acquérir une bonne connaissance de la vie en mer et des conditions dans lesquelles se trouvent les marins qu’il route.

Après avoir routé des équipages sur l’Atlantique, le Pacifique, et en Méditerranée, il a également travaillé sur des projets comme le tour du monde en catamaran de sport, San Fernando Race, Transat Classique, Course des Antipodes, Bouvet rames Guyane, expéditions Groenland, records paddleboard, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre, Tour du Québec à la Voile, Passage du Nord-Ouest, Records en Méditerranée,
Traversée de l’Atlantique Nord à la rame, Record Marseille-Carthage, et bien d’autres.

Pour plus d’information, ou si vous avez besoin d’un routeur pour une aventure à venir, rendez-vous sur le site de Michel : http://www.searout.fr

Les ondines du vent

Voici un autre poème d’Henri Le Guen dédié à nos marins et à leur périple. Je vous invite également à relire le poème qu’il avait écrit avant leur départ, Lumières hauturières. Pour les plus intéressés, vous pouvez découvrir sa bibliographie en suivant ce lien.

LES ONDINES DU VENT

 à  Antoine Bagnaro, Arthur Forey, Antoine Julia, créateurs de l’association All around the Atlantic, pour leur tour de l’Atlantique à la voile d’octobre 2012 à juillet 2013

Parmi les eaux aventureuses
Un voilier
Pourfend les récifs abruptes.


Le hasard des rencontres humaines
Enivre
Un ciel audacieux
Où les péripéties du cœur voguent
Sur l’écume farouche.


Le sel du voyage intrépide
Agrémente
Le levain des mers
Qui fermente
Sous la citadelle des joies océanes.


Les ondines du vent
Viennent saluer
Les aubes irisées
De l’océan,
Féérie d’embruns
Enlaçant le couchant
D’un horizon consacré.


Le charme téméraire du périple
Esquisse
Des soleils divins,
Ceux qui ensorcellent
La misaine du courage
Dans un élan de solidarité partagée.


L’Alliance marine
S’émancipe
Dans la concorde
D’un pèlerinage gracieux
Où l’aventure affermit
Les élans du cœur.


Henri Le Guen
Le 8 juin 2013