Conférence le 19 octobre

Ça y est c’est fini ! Rêveur de Jour est maintenant au sec à Pont-Aven et attend sagement de futurs propriétaires pour repartir sillonner le globe.

Afin de conclure dignement l’aventure, nous organisons le samedi 19 octobre à 18h à l’ENS une conférence pour présenter les photos du voyage. Vous êtes tous chaleureusement invités !

Cet événement achèvera la semaine de la mer à l’ENS, une série de conférences sur des sujets liés à la mer (océanographie, géopolitique, archéologie sous-marine…).

Programme complet : www.ecocampus.ens.fr/mer

Entrée libre !

 

Contes, vents et courants

Départ de Rio le 18 avril dans l’après-midi, sous la pluie pour profiter de la fin du front et du vent à priori favorable pour le passage du redoutable Cabo Frio. Fidèles à nous mêmes, nous prenons du retard et sommes forcés de faire du moteur contre vents et courants. Une fois passé le cap, le vent continue de refuser, Georges le moteur fait des siennes et nous laisse encalminés au milieu d’un champ de plateformes pétrolières : ces riantes bêtes de rouille et de flammes égaient notre progression jour et nuit. Il y a quelque chose de décourageant à se réveiller pour découvrir les plateformes immobiles crachotant leur fumée, six heures plus tard.Coup à coup, pas après pas, Rêveur de Jour avance en profitant des grains (blancs et noirs). Il faut s’éloigner des côtes pour trouver l’alizé de Sud-Est et le courant favorable, que Michel nous promet. Les dauphins daignent ralentir un peu pour rester avec nous, mais il ont quand même l’air blasé. Enfin après avoir mis plus de 15 jours à faire mille milles nous mettons le cap au Nord et commençons à avancer décemment. Barre amarrée, les romans les plus longs ont une durée de vie moyenne de 2 jours. Nous passons finalement le Cabo Branco, extrémité Est du Brésil. Il ne reste plus qu’à se laisser porter par le courant – le GPS affiche allègrement 8 nœuds et plus – et récolter le matin les poissons volants sur le pont. Nous croisons une baleine. Un tiers de l’équipage soutient mordicus que c’est un Rorqual de Rudolf, les autres ne sont pas dupes : c’est plus grand que le bateau et ça souffle, c’est donc une baleine, tout court. Puisqu’on parle de lui, Antoine B notre Biologiste officiel identifie formellement un magnifique labbe pomarin tandis qu’un fou fait des glissades sur le panneau solaire.

L’influence de l’Amazone se fait sentir alors que nous passons à plus de 100 milles au large de son embouchure. La mer devient sombre et hachée.

Le courant finit par ralentir alors que nous nous éloignons de la côte pour remonter au bon plein entre Trinidad et la Barbade. Direction la Martinique. Enfin cent cinquante milles de l’arrivée, nous nous ralentissons l’allure en prenant un cap qui nous permet d’attacher la barre pour lire. Nous ne connaissons pas la région et préférons arriver de jour. Nous longeons la côte sous le vent et Rêveur de Jour arrive en face de la Grande Anse d’Arlets au lever du soleil. Quelques tentatives de prise de coffre à la voile plus tard… et nous prenons le café à bord du Rara Avis. Près de la plage est mouillé un Écume de Mer rouge, impossible de se tromper : c’est Aurélie, le bateau de PO (Pierre-Olivier) avec qui nous avions passé 3 semaines à Dakar…

Le monde est petit !

À bientôt pour le récit de nos aventures Martiniquaises !
AAA